Interview de Gilles Mérilhou, formateur, médiateur.

Interview de Gilles Mérilhou, formateur, médiateur.

 

Bonjour Gilles. Pourrais tu présenter ton champ d’action professionnel ?

Je suis Gilles Mérilhou, coach, médiateur, formateur, et un des premiers utilisateurs de story@board.

J’ai travaillé 17 ans dans le domaine du transport routier-voyageur, dont 13 dans la posture de créateur-dirigeant. J’ai vendu en 2006 mon entreprise de transport routier de voyageurs (140 salariés, 70 autocars), j’ai accompagné les repreneurs jusque fin 2008. Et depuis début 2009, je me suis repositionné sur l’accompagnement et la formation à partir de mon expérience directement transférables dans la thématique du transport – d’où le nom de mon organisme : « Transférables ».

J’interviens aujourd’hui sur les thématiques management du Diplôme Universitaire de Management d’Equipe et le Master Professionnel d’Exploitation et de Développement des Réseaux de Transports Publics à l’Université de Cergy Pontoise. J’anime des formations auprès des managers de cette université et interviens très régulièrement auprès des managers de PME en région parisienne sur la formation spécialisée à la gestion des conflits.

Car je suis par ailleurs médiateur en entreprise, c’est-à-dire que j’interviens dans les conflits interpersonnels au travail et ma pratique est certifiée par l’Institut Français de la Médiation (Spécialiste de la médiation et de la résolution des conflits en entreprise). J’aide aussi les services RH à structurer leur plan de prévention des Risques Psychosociaux et diagnostiquer leurs suivis.

Mon accompagnement professionnel en Coaching a quand à lui pour objectif de faire progresser les managers ou le personnel d’encadrement vers leurs objectifs de carrière. Je suis adhérent de l’EMCC France (L’Association Européenne de Coaching)et possède le Diplôme Universitaire d’Executive Coaching.

Enfin, je suis accompagnateur professionnel auprès du Réseau Tremplin VAE, à la Validation des Acquis de l’Expérience.

Je suis fier d’être un des premiers adeptes de story@board. Et depuis, je l’utilise dans la majorité de mes formations et de mes divers accompagnements.

Qu’est ce qui t’a donné le désir d’utiliser story@board?

J’ai été formé par Sipca à être formateur consultant en 2009 (certification RNCP niveau 2) et j’ai vu depuis beaucoup d’outils de la formation, de l’accompagnement, et de manière transversale, de la transmission. Je ne trouvais pas d’outils visuels qui correspondent au monde dont je suis issu : l’opérationnel, le stratégique et l’organisationnel (à mon monde à moi qui est le monde du travail). Je pense que c’est bien de décaler les représentations du monde du travail à un autre monde, avec des images de forêt, de fontaine, d’abeilles qui butinent, car c’est un outil possible. Mais, çà ne me parle pas trop. Cela va peut-être m’aider  à expliciter des sujets décalés, mais je vais avoir du mal à les repositionner.

L’idée de story@board, est qu’en regardant les images, je me suis dit tout simplement, que cet outil présentait un panel de mon expérience professionnel résumé en 100 images. En partant de n’importe quelle image je savais construire une idée, une représentation, une action vécue sur le terrain. Et je me suis dit que si çà me parlait autant à moi, çà pourrait parler aux autres. Si pour moi, cela fait autant de sens,  je saurai bien expliquer aux autres l’utilité de l’outil.

J’accompagne et forme essentiellement des managers qui vivent au quotidien dans du concret, dans leur réalité du terrain. J’ai remarqué pour les managers que de partir de cette réalité était aidant et stimulant.

J’ai choisi story@board car c’est un outil qui me parle complètement, et je pense que le manche est déjà un peu fait à ma main. Je m’explique. Quand je parle d’outils en général, j’ai l’image des outils de mon grand père. Il avait un atelier avec des outils au manche en bois. Ce qui m’a toujours choqué est que les manches en bois avaient la forme de sa main, en avaient épousé la forme. Je me dis que, plus on utilise un outil, plus on sait l’utiliser, et plus l’outil s’adapte à soi-même, prenant la forme de sa main.

Toutes ces autres images dont tu parlais et qui ne te satisfaisaient pas, quelles étaient-ce ?

Ces images étaient souvent des photos.  Je trouve que la photo fige « une » réalité. Avec story@board, je trouve que le dessin apporte un plus, tout droit sorti de l’imaginaire du dessinateur, sur lequel nous pouvons plus facilement installer notre propre réalité.

De plus, le côté noir et blanc a un côté binaire (ying yang) et neutre, que je retrouve dans mes postures de professionnel.

Peux tu développer cet aspect binaire ?

Je dirais que cet aspect binaire est la simplicité schématique de la plupart de nos pensées. Mes pensées automatiques  fonctionnent comme cela. Alors du coup c’est aidant, simple. Il me semble que, sur une image, plus il y a de couleurs, plus l’interprétation de ces couleurs peut interférer avec la représentation première du dessin. Selon moi, le travail autour des couleurs est déjà un outil à part entière.

Pour moi, travailler autour d’un outil simple et qui limite un maximum de biais et d’interprétation, cela est pour moi se donner la chance d’avoir une base commune et partageable de communication dans le travail collaboratif, avec les stagiaires, ou les personnes accompagnées.

Le dessin a aussi pour moi le mérite de « neutraliser ». L’image est neutre, tout en étant singulière et offrant de l’espace pour que chacun y apporte sa personnalité.

Est ce que l’univers du travail que montre les cartes story@board est assez large ?

Oui, je trouve que l’outil a bien été pensé. Je n’ai peut-être pas assez de recul. Mais, je n’ai jamais ressenti de manque quant à la réalité du monde professionnel que story@board représente. Je n’ai jamais vu quelqu’un butter en disant « je ne trouve pas d’images qui me parlent ». Sachant que je suis intervenu avec cet outil dans le monde de l’industrie, du BTP, du commerce et du service.

Même les personnalités un peu cartésiennes, qui pourraient un peu rechigner à utiliser les cartes, arrivent toujours à trouver une image. Je pense que le fait que ce soit des dessins, çà « match », çà désamorce, même avec celui qui est un peu rigide, tendu ou sous stress. Tout le monde se prend au jeu en regardant la variété des dessins. Par exemple, l’image du mistigri. Dans le monde du travail, on parle avec nos masques, et ce genre de dessin permet de faire tomber les masques ou de faire parler des masques.

Qu’est ce qu’apporte une image par rapport à des mots ?

Les dessins de story@borad permettent à la personne de visualiser, de faire renaitre son expérience (avec des éléments nouveaux) ou simplement réapparaitre. Certaines fois, j’invite la personne à visualiser l’ensemble des images, et alors qu’elle n’en choisit pas une en particulier, le simple fait de les visualiser dans leur ensemble va lui permettre de construire une image ou une situation qu’il avait du mal à aller chercher seul.

Mot de la fin ? Recommandations ?

Les images et leurs représentations sont des éléments clefs du stimulus qui permet à chacun d’entre nous d’aller rechercher les informations en veille dans notre banque à souvenirs et qui, grâce ou à cause d’elles, vont former et modeler nos perceptions présentes et futures. Notre mémoire et nos émotions sont donc comme deux compagnons de route dans notre cerveau, qui, utilisées de façon consciente ou pas, vont collaborer à la création de notre « carte », de notre réalité d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

C’est donc peut-être pour cela que Story@board est un outil que je sens vraiment bien, avec lequel je me sens bien dans mes interventions et qui est généralement bien ressenti par les personnes que j’accompagne et que je forme. Et là encore ! J’ai le sentiment ici que cet outil est loin d’avoir tout dit !

Interview réalisé par Alexandre FRANK, équipe story@board.

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