• Interview de Pascal Dubois, coach des organisations

    Je me présente, Pascal Dubois, coach des organisations. J’accompagne les dirigeants et leurs équipes dans les situations à forts enjeux qu’ils rencontrent (fusions, acquisitions, réorganisations, changement de dirigeants, évolution de la stratégie …), afin de leur permettre d’atteindre, voire dépasser leurs objectifs. Cela se traduit concrètement par des évolutions de comportements individuels et collectifs et leur ajustement vis-à-vis de la stratégie.

    Pour maximiser l’efficacité des interventions dans ce domaine, je travaille en équipe au sein du réseau ACOLIS (www.acolis.net) avec d’autres coachs certifiés, eux aussi issus d’entreprises internationales.

    Pouvez-vous nous parler de votre cheminement autour des cartes story@board ?

    Cela s’est fait en deux temps : une première approche plutôt en retrait vis-à-vis de cartes présentées par Olivier Piazza lors d’une rencontre entre entrepreneurs. Je les trouvais trop froides et pas assez expressives (il est vrai que j’ai l’habitude dans mes coachings individuels d’utiliser d’autres cartes plus symboliques).

    Puis le témoignage convaincant d’une collègue coach m’a donné envie d’essayer sur un cas de coaching individuel où nous étions dans la phase de formulation des objectifs.

    Le hasard faisant souvent bien les choses, c’est tombé à point nommé : en demandant au client de sélectionner des cartes représentant les situations vécues sur le thème en question et celles qu’il verrait le lendemain une fois l’objectif atteint, nous avons pu baliser concrètement le terrain à travailler, en allant à l’essentiel dans un délai très court.

    Efficaces, elles rassurent le client qui se retrouve facilement dans son univers tout en l’incitant à utiliser son imaginaire. Une belle combinaison des capacités mentales (cerveau gauche et cerveau droit) qui l’aide à formuler plus facilement ses objectifs par rapport aux situations vécues et les résultats attendus.

    Comme mot de la fin ?

    Comme toujours en coaching, ne pas rester sur ses a priori et ses préjugés, considérer toute situation nouvelle comme une opportunité et tenter l’expérience concrètement avant de décider : c’est toujours la confrontation au réel qui permet de progresser (pour plus de détails ou questions : pad@acolis.net )

    Propos recueillis par Alexandre FRANK, équipe story@board.

  • Interview de Claude Aschenbrenner, consultant, formateur

    Présentation

    Je me présente, je suis Claude Aschenbrenner, consultant formateur et metteur en scène de l’information. J’exerce dans le cadre de mon cabinet Claude Aschenbrenner A Conseil3. J’ai auparavant travaillé vingt-cinq ans comme manager chez un grand compte. J’ai également un blog Serial Mapper qui traite de la facilitation graphique. Je suis par ailleurs président de l’association MetaCarto, dédiée à la mise en scène de l’information.

    Quelques mots sur story@board et la facilitation visuelle ?

    Tout d’abord je tiens à souligner que je n’ai pas encore eu l’occasion de mettre en œuvre votre outil dans ma pratique professionnelle. Je prendrai donc ici la posture de l’expert en mise en scène de l’information.

    Je connais, bien entendu,  le principe du photo langage  mais story@board me parait aller beaucoup plus loin via l’utilisation du dessin et du croquis. Je parlerai d’ailleurs volontiers de « grapho-langage ».

    Je m’explique sur l’importance du dessin. Dans la facilitation, le but est de permettre aux personnes de se (re)connaître et de se projeter à l’aide du support qui leur est présenté. Je pense que chercher à permettre cette identification via des photos, comme on le voit souvent, est une fausse bonne idée.

    Prenons l’exemple des atlas ornithologique indispensable pour l’identification des oiseaux. Il peut paraitre paradoxal qu’à l’ère du tout numérique et de la très haute définition photographique les bons atlas utilisent comme au XIXème siècle toujours le dessin. Et pourtant quand on y réfléchit un peu c’est très logique.

    Car la photo va représenter l’individualité de l’oiseau, et non l’archétype du volatile. Même une trentaine de photos de cet animal ne saurait présenter l’archétype. Essayez et vous verrez : une identification est beaucoup plus fiable à partir d’un dessin que via une photo.

    Si l’on revient dans le monde de story@board ; avec des photos représentant principalement des situations professionnelles, l’effet esthétique de cette représentation, sa dimension culturelle, la qualité haute définition contemporaine, son côté peut-être ‘papier glacé « glamour », suscitera un effet hallo qui nuira à  l’identification. A l’inverse le dessin permet d’illustrer l’archétype de l’image mentale que l’on cherche à représenter. Il permet par exemple de plaquer la diversité des émotions à partir d’une même représentation. L’illustrateur a d’ailleurs pris soin de donner aux visages une expression entre neutre et bienveillance pour mieux ouvrir les possibles. Celui qui le regarde peut beaucoup plus facilement faire sienne la carte, s’y projeter. Et c’est le but de la facilitation.

    Quand je regarde les cartes story@board, je vois bien qu’il est très compliqué de créer l’équivalent avec des photos. Ici, l’image mentale qui est recherchée peut être exactement représentée, dans son archétype, sans bruit et sans contrainte inutile.

    Que penser d’une dématérialisation de story@board par exemple sous forme d’une appli smart phone ?

    Dans une ère où la dématérialisation des outils d’animation de groupe et d’apprentissage semble se généraliser notamment avec les serious game et autres gamifications, je remarque au contraire ces temps-ci une re-matérialisation des instruments de facilitation.

    Je citerai par exemple ces jeux de cartes :

    AFK (Away From Keyboard) produit par Spintank qui couvre le monde du web 2.0.

    2° #ReFaire, produit par la FING centré sur l’émergence d’un nouvel écosystème industriel et qui est  actuellement en campagne de « crowd funding »

    Dans le même ordre d’idée Evernote, le logiciel de capture d’information,  propose de charger les Post-it  papier et les pages des carnets de notes Moleskine directement dans son application.

    Maitriser la complexité et inventer le monde de demain ne se fera pas directement sur les smartphones ou sur le web mais d’abord et avant tout avec du papier, du carton, des feutres, des croquis et des dessins ! Les appli sont évidemment utiles mais après la phase d’émergence.

    story@board a su être un précurseur en restant au plus près de l’humain via l’utilisation de la pensée visuelle et du papier.

    Il a, me semble-t-il, tout intérêt à persévérer dans cette veine plutôt que de se diluer dans le monde des portails d’application interchangeables.

    Interview réalisée par Alexandre FRANK, équipe story@board.

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