Interview de Richard Laurent, coach, médiateur.

Interview de Richard Laurent, coach, médiateur.

Quelques mots pour te présenter ?

Après plus d’une vingtaine d’années en tant que cadre fonctionnel en Gestion des Ressources Humaines, j’ai entrepris depuis 2010 de re-diriger ma carrière vers l’accompagnement, la facilitation et la médiation d’entreprise.

Professionnel libéral, diplômé du Master II Coaching et Développement personnel en entreprise (Université Panthéon­-Assas) et de l’Institut de Gestion Sociale (IGS – Paris) entre autre, mon action contribue au développement de relations harmonieuses au sein des organisations de travail. Ma recherche continue en développement personnel et auto-formation m’a conduite à rencontrer Olivier PIAZZA, co-créateur du Story@Board, puis à utiliser cet outil de facilitation dans mes diverses pratiques professionnelles.   

Que t’apporte une image par rapport à des mots ?

L’image est un générateur de mots et d’idées, tirant son énergie de l’inspiration créative de la personne.

La visualisation d’un mot est parfois restrictive, si je le vois écrit devant moi je peux ne lui donner qu’un sens, alors que l’image, elle, va permettre d’initier une « polysémie ».

Par exemple, avec l’image story@board  de la fleur fanée (image N° XX), je peux penser intuitivement à un manque d’eau, une absence de soin. Mais je peux chercher à l’intérieur de moi d’autres perceptions : ils sont partis en vacance et ont complément oubliés d’arroser leurs plantes ! S’ils sont partis en vacances, cela est plutôt positif, à l’opposé de la première vision.

Cet auto-questionnement ouvre donc un plus large champ à la  « manière de dire », de « faire sortir ».

Que t’apporte une image dans une médiation ?

Elle peut permettre au médié (partie) de sortir de son silence et, de me révéler son histoire, cela sans recourir à la brutalité de certains mots.

Bien que ces images ne présentent pas de bulles de parole, comme dans une bande dessinée, elles permettent, mises bout à bout de rendre visible l’objet du conflit, la position de l’intéressé et peut-être même ses besoins. Il arrive parfois que cette matérialisation fasse prendre du recul et dépassionne la situation ou le conflit.

Lorsqu’on ne sait pas nommer justement, c’est bien de pouvoir mettre une image sur ses émotions, ses ressentis, ses préjugés, et comme je viens de le dire précédemment l’image appelle les mots.

L’exploration des « bandes dessinées » des médiés ou parties en présence me permet de mieux investir la troisième version de l’histoire, celle qu’ils auront en commun.

Qu’est ce qui t’a donné le désir d’utiliser l’outil story@board ?

J’ai adoré, derrière les possibilités d’utilisation de l’outil décrites par Olivier PIAZZA, la puissance créatrice qui pouvait en émaner tant de la part du facilitateur que du côté du participant. J’ai très naturellement imaginé comment story@board pouvait prendre sa place lors de mes sessions de formation dans un premier temps. Le résultat apprécié par les participants issus de la fonction RH a même généré une prise de référence du produit.  

D’ailleurs sur ce point. Par rapport aux jeux et aux enfants, comment projetterais tu story@board  par rapport au champ éducatif ?

La création de son propre référentiel par rapport à une image et lui permettre de nommer les choses par rapport à ses émotions. Un enfant va dans le dictionnaire pour comprendre le sens du mot. Là, sur l’image, serait représentée une réalité, il créerait sa propre signification de cette image. Phénomène inverse du dictionnaire.  Qu’est ce que çà lui apporterait ? De la curiosité, de susciter sa curiosité, de développer son intelligence.

As-tu déjà eu l’occasion d’utiliser story@board  dans ta vie personnelle ?

Dans un cercle amical oui, avec une amie pour l’aider à se réorienter professionnellement. Je l’ai accompagné dans la visualisation postérisée de sa pensée, avec story@board, en projetant sur une grande feuille de 3 mètres de long ses idées, en se servant des images et en les prolongeant avec des dessins qu’elle créait, des connecteurs. (Confère le protocole d’utilisation « Google maps » NDLR). Elle s’est amusée, elle a pris plaisir avec la cinquantaine de feutres mis à sa disposition à créer, à mettre des nuances, elle mettait de grands mots en fluo, c’était une explosion autour d’un jeu, son « je ».

Vi-sua-li-ser, tout est là ! Le besoin de voir par mes propres yeux ce dont je parle, d’une  prise de conscience des mots utilisés et, de réfléchir à comment mon message va être compris de l’autre, et pourquoi je le dit.

Visualiser les choses donne un autre sens aux mots employés. Tu sais bien, dans la communication il y a la règle des « 3 V », 55% de visuel, 38% de vocale et… 7% de verbal selon l’étude du professeur Albert MEHRABIAN.

Story@Board permet un travail sur ce 7% d’où l’intérêt de « focuser », de matérialiser les mots et d’être conscient dans la façon dont nous les utilisons dans nos liens sociaux, amicaux ou professionnels.

Le mot de la fin ? 

Et si nous partagions nos expériences d’utilisation de l’outil lors des cafés Story@board organisés sur Paris, une occasion de nous rencontrer dans la vraie vie ?

Richard LAURENT : contact@mediationcapitalhumain.fr   

Interviewé par Alexandre FRANK, équipe story@b oard

 

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